État de flow
L’état de flow (ou état de grâce) est un état psychologique optimal dans lequel le corps, le mental et la conscience s’alignent parfaitement — l’effort devient fluide, les décisions sont prises sans réflexion consciente, la douleur s’efface au second plan et le coureur a l’impression de voler. Concept formalisé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi, le flow est considéré comme l’expression la plus accomplie de la performance, accessible à tous les niveaux mais impossible à convoquer à volonté.
En trail, le flow se manifeste de manière assez caractéristique : l’allure prévue est tenue sans effort apparent, les appuis sur terrain technique sont instinctifs, la respiration semble plus légère qu’habituellement, et le coureur ressent une maîtrise totale de la situation. Les adversaires semblent souffrir plus que lui. Le rapport au temps se modifie — les kilomètres s’enchaînent sans que l’on s’en aperçoive. C’est ce que les athlètes décrivent comme « marcher sur un nuage. »
Le flow ne dure jamais très longtemps. Même les athlètes de très haut niveau comme Martin Fourcade, qui pouvait le vivre cinq à six fois par saison, le décrivent comme un état fugace impossible à programmer. Ce qui peut en favoriser l’apparition, en revanche, c’est l’absence de tentative de le contrôler. Paradoxalement, moins on cherche à le provoquer, plus il devient accessible. Il survient souvent quand l’attention est entièrement portée sur le geste présent plutôt que sur le résultat à venir.
La régularité de l’entraînement, la solidité de la routine pré-compétition et la capacité à lâcher prise créent les conditions favorables à son apparition.
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