Bigorexie

La bigorexie, aussi appelée dépendance à l’exercice physique, désigne une addiction comportementale caractérisée par un besoin compulsif et incontrôlable de pratiquer une activité sportive. En trail running, ce trouble touche une part non négligeable de pratiquants, souvent sans qu’ils en aient conscience.

Le traileur bigorexique court non plus par plaisir ou par objectif de performance, mais pour répondre à une contrainte intérieure anxiogène. L’absence de sortie provoque irritabilité, culpabilité, voire une véritable détresse psychologique. Les signaux d’alerte sont caractéristiques : s’entraîner malgré une blessure, sacrifier sa vie sociale ou professionnelle pour courir, augmenter sans cesse les volumes sans capacité à réduire, ressentir un manque intense après quelques jours sans activité.

Ce trouble est particulièrement insidieux dans la communauté trail, où la culture de l’effort, du dépassement de soi et de l’accumulation de kilomètres est valorisée socialement. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène en créant une pression permanente autour des performances, des sorties quotidiennes et des courses à finisher. Ce qui ressemble de l’extérieur à une passion admirable peut masquer une souffrance psychologique réelle.

Sur le plan physique, la bigorexie conduit au surentraînement, aux blessures chroniques, aux troubles du sommeil et à un système immunitaire affaibli. Sur le plan mental, elle s’accompagne fréquemment d’une image corporelle déformée et peut être liée à des troubles alimentaires. Une prise en charge par un professionnel de santé — médecin du sport ou psychologue — est recommandée dès lors que la pratique sportive échappe au contrôle conscient du coureur.

Retrouvez tous les termes dans le lexique de la course à pied et du running.

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