Le runner’s high : pourquoi certains coureurs ressentent une véritable euphorie pendant l’effort

Le runner’s high : pourquoi certains coureurs ressentent une véritable euphorie pendant l’effort

Impression de légèreté, sensation de flot, diminution du stress, bien-être intense… Certains coureurs décrivent parfois un état presque euphorique au cours d’une sortie longue ou après plusieurs kilomètres d’effort. Ce phénomène porte un nom : le runner’s high.

Longtemps considéré comme une simple impression subjective, ce mécanisme est aujourd’hui étudié sérieusement par les chercheurs. Et les résultats montrent qu’il existe bien des réactions biologiques spécifiques derrière cette sensation particulière ressentie par de nombreux sportifs d’endurance.

Un état de bien-être qui apparaît pendant l’effort

Le runner’s high survient généralement lors d’un exercice prolongé comme :

  • la course à pied,
  • le trail,
  • le vélo,
  • ou toute activité d’endurance soutenue.

Les sportifs évoquent souvent :

  • une sensation d’énergie inhabituelle,
  • un esprit plus calme,
  • une baisse de la fatigue mentale,
  • parfois même une diminution de certaines douleurs musculaires.

Chez certains coureurs, cette sensation apparaît après 30 à 45 minutes d’effort continu, lorsque le corps entre dans un rythme plus stable et plus fluide.

Les endorphines… mais pas seulement

Pendant des années, les scientifiques ont pensé que le runner’s high était principalement provoqué par les endorphines, souvent surnommées « hormones du bonheur ».

Mais les recherches récentes montrent que le système endocannabinoïde jouerait un rôle majeur. Le corps produit naturellement certaines molécules, comme l’anandamide, qui agissent sur le cerveau et participent à cette sensation de détente et d’euphorie.

Selon plusieurs études, l’intensité de l’effort aurait également une influence importante : un effort modéré à soutenu semble favoriser davantage ce phénomène qu’un exercice trop léger ou excessivement intense.

Pourquoi ce phénomène fascine autant les coureurs ?

Le runner’s high explique en partie pourquoi certaines personnes développent une véritable relation émotionnelle avec la course à pied.

Au-delà de la performance chronométrique, beaucoup de pratiquants recherchent :

  • le relâchement mental,
  • la coupure avec le quotidien,
  • la sensation de liberté,
  • ou encore cet état de concentration presque méditatif.

Dans les sports d’endurance comme le marathon ou le trail longue distance, cette dimension psychologique devient souvent aussi importante que l’aspect physique.

Tout le monde peut-il ressentir le runner’s high ?

Pas nécessairement de manière identique. Plusieurs facteurs peuvent influencer son apparition :

  • le niveau d’entraînement,
  • la régularité de pratique,
  • le sommeil,
  • le stress,
  • l’intensité de l’effort,
  • ou encore l’état mental du moment.

Certaines personnes le ressentent fréquemment, d’autres très rarement. Il ne s’agit donc pas d’un mécanisme automatique.

Un phénomène désormais reconnu scientifiquement

Le runner’s high n’est plus considéré comme un mythe de coureur. Les travaux scientifiques menés depuis plusieurs années confirment bien l’existence de réactions neurologiques et biologiques liées à l’effort prolongé.

La course à pied agit ainsi non seulement sur le système cardiovasculaire et musculaire, mais aussi directement sur le cerveau et les émotions.

Sources scientifiques

  • Dietrich A., McDaniel W. (2004), Endocannabinoids and exercise, British Journal of Sports Medicine.
  • Raichlen D. et al. (2012), Exercise-induced endocannabinoid signaling is modulated by intensity, Journal of Experimental Biology.
  • Harvard Health Publishing
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