Seuil lactique
Le seuil lactique est l’intensité d’effort à partir de laquelle la production d’acide lactique par les muscles commence à dépasser la capacité de l’organisme à l’éliminer, créant une accumulation progressive qui finit par contraindre à ralentir. C’est un indicateur physiologique clé pour comprendre ses limites d’effort et structurer ses séances d’entraînement en trail.
Physiologiquement, on distingue deux seuils. Le premier seuil ventilatoire marque la transition entre effort facile et effort modéré — c’est approximativement la limite supérieure de l’endurance fondamentale. Le second seuil, appelé seuil anaérobie ou seuil lactique au sens strict, marque le point où la dette de lactate devient irréversible sans ralentissement. Entre les deux se situe la zone de travail au tempo.
En pratique, le seuil lactique correspond pour un coureur entraîné à l’allure qu’il peut tenir environ 45 minutes à 1 heure à effort maximal soutenu — soit légèrement plus rapide que l’allure marathon et légèrement plus lente que l’allure 10 km. Les séances dites « au seuil » consistent à travailler à cette intensité précise sur des blocs de 10 à 25 minutes pour repousser progressivement ce plafond.
Jimmy Gressier l’exprime très concrètement : lors de ses séances de seuil, il vise environ 4 mmol/L de lactate sanguin, soit une allure soutenue mais maîtrisable permettant d’enchaîner les semaines sans s’épuiser. Pour un coureur amateur, l’allure au seuil est celle où on peut encore parler, mais en phrases courtes seulement.
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