Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), dont l’ibuprofène est le représentant le plus connu, sont des médicaments qui réduisent la douleur et l’inflammation sans recourir aux corticoïdes — légaux selon le Code mondial antidopage, ils sont néanmoins interdits dans certaines grandes courses de trail comme l’UTMB et les Templiers, en raison des risques réels qu’ils font courir aux coureurs d’endurance. Leur usage en course de trail est un sujet de vif débat éthique dans la communauté.

Sur des efforts de 10 heures et plus, les AINS permettent de masquer la douleur musculaire et articulaire, donnant l’impression de jambes plus fraîches et permettant de maintenir une allure supérieure à ce que le corps autoriserait naturellement. Des contrôles menés aux Templiers et à l’UTMB ont révélé que jusqu’à 50 % des coureurs contrôlés étaient positifs à ces substances, certains ayant manifestement planifié leur prise à l’avance.

Le danger principal n’est pas réglementaire mais médical. Lors d’un effort long et chaud, les reins travaillent déjà sous contrainte hydrique. Les AINS réduisent le flux sanguin rénal et peuvent provoquer une insuffisance rénale aiguë. Des cas de coureurs dialysés plusieurs jours après une course ont été documentés. En masquant la douleur, ils permettent aussi de continuer à solliciter des structures déjà lésées, aggravant potentiellement des blessures.

La règle éthique la plus simple : si la prise était prévue avant le départ pour améliorer les performances et non pour traiter une douleur réelle, c’est du dopage moral — légal ou pas.

Retrouvez tous les termes dans le lexique de la course à pied et du running.

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